Comment en êtes-vous venu à créer une entreprise ?
Je suis un ingénieur en informatique diplômé de l’UTC de Compiègne. A la sortie de l’école, je suis entré dans une SSII (Société de Services en Ingénierie Informatique), que l’on appelle maintenant ESN. Ce fut d’abord UNIVERS INFORMATIQUE, devenu par la suite MICROPOLE-UNIVERS, puis MICROPOLE. J’ai eu un parcours classique : ingénieur d’études, chef de projets, chef de projets senior, directeur de projets, manager. J’ai ensuite rejoint ASI en 2012, une ESN spécialisée dans la data et le digital pour développer l’activité data en tant que responsable des opérations. J’encadrais 35 personnes. Je devais recruter, manager l’équipe, accompagner les commerciaux et les équipes opérationnelles, m’occuper de la relation client. En mai 2018, un ancien collègue m’a fait prendre conscience que nous avions “fait le tour du salariat” et que, du commerce à la technique, en passant par le management, nous savions faire tout ce qui était nécessaire pour lancer une entreprise ! C’est ainsi que l’on a créé SKERING.
Je suis resté très opérationnel. Je suis sur le terrain, je m’occupe de la relation client, je repère ce qui ne va pas dans les stratégies et les systèmes informatiques clients, je propose des solutions… Mes diverses expériences en architecture et développement me permettent d’accompagner les équipes dans l’imagination et la construction des solutions afin que les choses soient conçues et réalisées dans les règles de l’art de la profession, prenant en compte les exigences de qualité et de sécurité tout en respectant la législation. Je porte aussi avec les équipes la conduite du changement afin que la transition se fasse en douceur chez nos clients.
Je fais aussi beaucoup de veille technologique.
Nous avons développé des relations solides avec nos clients.
Un exemple de réalisation ?
Le cas, fréquent, d’une entreprise qui avait un système d’information très hétérogène. Elle avait des ERP principaux et secondaires, des fichiers plats, différents logiciels spécifiques.
La valorisation des données était devenue très complexe et chronophage.
Nous avons mené une mission de rationalisation et de modernisation de son patrimoine data, des solutions de stockage cloud jusqu’à l’adressage des usages data (la Datavisualisation dans son contexte d’utilisation) en passant par les processus d’intégration de données.
Pour le stockage cloud, nous avons commencé par la rédaction d’un “RFP (Request For Proposal)” pour les appels d’offres. Nous avons ensuite présélectionné quatre acteurs majeurs du marché sur le stockage cloud (AWS, Microsoft, Google, Snowflake). Enfin et après dépouillement des réponses selon la grille d’évaluation que nous avions construite avec le client, nous avons choisi deux éditeurs pour la réalisation d’un POC (Proof Of Concept) sur la base d’un jeu de données et de cas d’usage pertinents. Le choix final a porté sur Snowflake.
Ensuite, il fallait un outil d’extraction des données sources, de transformation et de chargement dans l’environnement data cible.
Deux approches sont souvent utilisées : l’ETL (Extract, Transform, Load) et l’ELT (Extract, Load, Transform). Ce sont deux approches différentes pour gérer le processus d’intégration des données dans un système data.
Dans l’approche ETL, les données sont extraites de différentes sources, puis transformées conformément aux besoins des métiers et enfin chargées dans le système data cible, généralement le datalake et le datawarehouse. La transformation a lieu avant le chargement des données.
Dans l’approche ELT, les données sont d’abord extraites de diverses sources et chargées brutes dans le système data cible. Ensuite, les transformations sont appliquées sur les données à l’intérieur de l’entrepôt de données.
Le moteur de bases de données cloud étant Snowflake, donc très performant, le choix de l’ELT s’est imposé.
Deux ELT ont été choisis pour faire un POC (Talend et Matillion) et le choix final a porté sur Matillion.
Puis nous sommes passés aux outils frontaux de “data visualisation” pour les métiers, avec le même procédé de sélection entre QlikSense, Microsoft Power BI et Tableau Online. Nous avons choisi Tableau Online.
La plate-forme data complète ayant été choisie et instanciée, nous avons accompagné le client pour l’ensemble des domaines (Production, Achats, Commerce, Finance, …) dans la définition des besoins métiers, la traduction des besoins en KPIs, la modélisation des données, l’accompagnement aux développements, aux différentes validations, au déploiement des services data et au pilotage du programme.
Quels sont les gains obtenus ?
Nous avons apporté de la modernité, de l’innovation, de la réactivité et de la facilité ! L’activité est devenue beaucoup plus simple à piloter. Deux exemples :
La direction des achats mettait une semaine chaque mois pour faire son calcul de performance fournisseurs, maintenant elle le fait en deux heures.
La direction financière voulait développer un processus pour calculer certains indicateurs spécifiques. Nous lui avons montré que si elle saisissait ses contrats de sous-traitance dans son ERP, ce qu’elle ne faisait pas jusque-là, le développement passerait de 30 à 5 jours. C’est la dimension conseil de notre métier : nous indiquons au client ce qui est le plus simple et efficient.
Quelles sont les grandes tendances de votre métier ?
Il y a quelques années, on parlait de SIAD (Système Interactif d’Aide à la Décision), puis d’ODS pour Operational Data Store / Datawarehouse / Datamart, maintenant il s’agit de Datalakes, Datahubs, Datalabs, Datawarehouses. Ensuite l’architecture s’est transformée en apportant de la puissance de calcul. Maintenant, il y a l’intelligence artificielle qui permet de mieux décider et de gagner en productivité.
Le logiciel a évolué, mais la véritable rupture est la puissance de calcul. Les machines sont devenues beaucoup plus puissantes. C’est le Massive Parallel Processing.
Les grandes réalités actuelles sont l’IA générative et les actifs numériques.
Un sujet pour la PME ?
Le cas de la PME est beaucoup plus facile que celui d’une grande entreprise. Le périmètre n’est pas le même. Il y a beaucoup moins d’employés. Vous pouvez trouver des solutions plus légères, moins chères et qui offrent les services attendus.
Le grand changement est l’entreprise virtuelle. Elle n’est acceptée par les clients que depuis peu de temps. Ce qui compte maintenant est d’être agile et adaptable. Les compétences évoluent très vite. Si on ne les a pas en interne, il faut travailler avec des partenaires et SKERING, de par son histoire et son parcours, est très bien entouré.
Vous dirigez vous-même une PME, quels enseignements tirez-vous de votre expérience ?
Le secteur numérique est très stimulant et exigeant. En tant que dirigeant d’une PME, je dirais que l’une des clés du succès réside dans la capacité à rester constamment agile et adaptable. C’est la logique de l’entreprise virtuelle. Si l’on n’a pas toutes les compétences nécessaires, il faut les trouver chez des partenaires.
Le monde de la technologie évolue très rapidement et nous devons être prêts à nous ajuster en conséquence.
La gestion des talents est également capitale. Un très bon collaborateur peut vous faire gagner un client. C’est le meilleur des commerciaux !
Nous investissons donc dans le développement professionnel, encourageons l’innovation et créons un environnement où les idées nouvelles peuvent prospérer. C’est ainsi que nous restons compétitifs et offrons à nos clients des solutions innovantes.
La collaboration et la communication sont des éléments clés dans notre quotidien. Travailler en équipe est essentiel pour relever les défis complexes du secteur informatique. Nous encourageons un dialogue ouvert, favorisons la diversité des perspectives et soutenons l’esprit d’équipe.
Il faut être prudent financièrement. Garder de la trésorerie est important. Il faut conserver des marges de manœuvre en cas d’un coup dur.
Les entreprises sont devenues fragiles. Ce qui est essentiel, c’est de travailler dans la confiance mutuelle. Et il faut rester passionné et engagé ! Cela permet d’absorber toutes les difficultés.
L’innovation et la persévérance sont les moteurs du succès à long terme. En ce qui nous concerne, nous cherchons sans cesse de nouveaux usages clients. Par exemple, un de nos experts de l’Intelligence artificielle générative a travaillé sur des problématiques telles que la voiture autonome, la prévision des démissions dans le domaine des ressources humaines et la génération automatique de sites web. Autre exemple, nous travaillons à la question des actifs numériques dans le domaine du luxe.
Pour faciliter l’adoption de ces innovations, nous avons rédigé des supports de sensibilisation et de formation pour dirigeant. Avant d’adopter, il faut comprendre !